La Confrérie de l\'imaginaire

Trois questions à... Brice TARVEL

Trois questions à... Brice TARVEL, auteur des

"Dossiers Secrets de Harry DICKSON"

aux éditions Malpertuis.

 

Séduite par le style de Brice dans les dossiers de Harry DICKSON (dont la chronique est ici!) j'ai eu envie d'en savoir un peu plus sur cet auteur d'un autre temps, qui réconcilie la Littérature d'aujourd'hui et les Grands Mots d'hier!

 

 

 

MilieWB : Mais qui est donc Brice TARVEL?

 

Brice : Qui je suis ? Un raconteur d’histoires, un artisan des mots qui essaie d’effectuer au mieux son travail. Et ce n’est pas toujours facile car, si les phrases arrivent parfois sans effort, à d’autres moments, il faut aller les puiser au fond d’une mine obscure au filon peu affleurant. La concentration est alors, à mon avis, l’atout le plus indispensable pour se tirer d’affaire.

Tout est dans les livres, je l’ai compris très tôt. Connaissance, idées bonnes à prendre ou pas, évasion vers des contrées dont on ignorait jusqu’à l’existence... Les livres sont comme des briques qu’il convient d’assembler pour constituer le meilleur des socles à son existence. À mes yeux, une maison dont les murs ne sont pas couverts d’ouvrages est une demeure sans intérêt, une caverne juste un peu améliorée. Voilà pourquoi j’ai toujours eu le nez plongé dans les bouquins, pourquoi j’ai eu envie de donner ma part en écrivant modestement moi-même.

            Je n’ai pas d’autres ambitions que de divertir, de faire passer un bon moment. J’espère y parvenir quelquefois. Cela demande de se perfectionner sans cesse, d’être exigeant, tout en sachant que l’achèvement parfait n’existe pas. La modestie s’impose donc en permanence.

            Sinon, je suis quelqu’un que la solitude n’effraie pas, dont les jours de pluie n’influent pas sur le moral, quelqu’un qui, pour citer Lech Walesa, se sent « riche des biens dont il sait se passer ». Cela ne m’empêche pas d’apprécier de belles rencontres dans les salons, de faire la fête entouré de monde, de sorte qu’il doit sûrement y avoir deux facettes, sinon plus, en moi.

            Ah, comme il est difficile de parler de soi ! N’est-ce pas ce que l’on connaît le moins, finalement ? Alors, si vous le voulez bien, on arrête là.

 

MilieWB : Pourriez-vous nous dire comment vous travaillez, depuis vos sources d'inspiration jusqu'à l'ambiance dans laquelle vous vous plongez pour rédiger.

 

Brice : Sauf empêchement, j’écris tous les jours, de 10 h à midi et de 15 h à 18 ou 18 h 30. Parfois, cela déborde un peu d’un côté ou de l’autre. Comme je suis insomniaque, je consacre trois ou quatre heures nocturnes à rédiger du courrier, prendre des notes, corriger ceci ou cela. Il m’arrive aussi de chercher des idées durant cette période.

            J’ai longtemps écrit à la main sur des quarts de feuille pour diminuer d’autant la fameuse angoisse de la page blanche mais, depuis quelques mois, je tape directement sur le clavier de l’ordinateur. Je me rends compte que cela ne fait pas beaucoup de différence, sinon gagner beaucoup de temps et économiser du papier. Je démarre toujours par un titre, le nom de quelques-uns de mes personnages et une vague idée de ce que je vais raconter, puis je me lance, improvisant sans cesse jusqu’à la fin, que je ne connais généralement qu’au dernier moment. Je me laisse conduire par mes personnages, comme on dit, mais aussi par l’alternance des dialogues, des descriptions, des états d’âme, toutes ces choses qu’il convient d’agencer harmonieusement afin d’obtenir un puzzle le plus parfait possible.

            Je ne sais écrire que chez moi, au milieu de mes livres et de mes multiples dictionnaires, ce qui est un handicap car, pouvoir rédiger dans un hôtel ou à la terrasse d’un café, doit être fort pratique et agréable. Il me faut le silence, une concentration à son maximum, mais il arrive bien sûr parfois que rien de cela ne fonctionne. J’ai toutefois remarqué que, curieusement, certains jours, croyant que je n’arriverais à rien, c’est là que, en me forçant un peu, le texte se met à couler tout seul.

            Mes sources d’inspiration viennent principalement de tout ce que j’ai lu, des auteurs que j’aime, et ils sont nombreux et variés. Cela va de Georges Simenon à Jean Ray, en passant par Serge Brussolo, Georges-Jean Arnaud, Pierre Pelot, Philip K. Dick, Stefan Wul, Robert Gaillard, Marc Agapit, Pierre Naudin, et j’en oublie beaucoup. Henri Vernes, par exemple, qui fut de mes premières lectures et qui me donna l’envie d’écrire. Mais l’inspiration peut venir aussi d’un souvenir d’enfance, d’une scène aperçue dans la rue, d’une information entendue à la télé ou lue quelque part.

 

 

MilieWB : Pouvez-vous nous parler de vos goûts en matière de fantastique, de science-fiction ou de fantasy, afin de faire découvrir à nos lecteurs des artistes qui ont attiré votre attention, même ( et surtout) s'ils ne sont pas connus.

 

Brice : Ayant depuis longtemps l’envie d’écrire, j’ai tout de suite été attiré vers les auteurs français et prolifiques. Français parce que c’est ma langue, et prolifiques parce que cela m’a toujours fasciné qu’on puisse écrire beaucoup. A tort ou à raison, quand je m’attaque à un auteur, j’aime lire tout ce qu’il produit. J’ai ainsi lu tout Henri Vernes, Simenon, Jean Ray, Pierre Pelot, Serge Brussolo, Georges-Jean Arnaud et quelques autres.

Dans le genre fantastique, je conseillerais Jean Ray (Malpertuis, Harry Dickson), Serge Brussolo (Cauchemar à louer, La Meute, Krucifix, Les Emmurés, etc), Marc Agapit, Benoît Becker, et bien sûr H. P. Lovecraft ou Gustave Le Rouge.

En science-fiction, Philip K. Dick est incontournable, et puis il y a J. G. Ballard, Stefan Wul, Michel Jeury, Georges-Jean Arnaud (La Compagnie des glaces), Pierre Pelot, Serge Brussolo (La Planète des ouragans, Le Syndrome du scaphandrier, etc), Jean-Pierre Andrevon, Pierre Bordage et, forcément, là aussi, j’en oublie.

Des récits de fantasy, bien qu’ayant écrit récemment L’Or et la Toise pour les éditions Mnémos, j’en ai très peu lus. Je peux toutefois citer, de Serge Brussolo encore, Le Dragon du roi squelette et Le Tombeau du roi squelette.

 

 

Un grand merci à Brice pour le temps qu'il nous a sympathiquement accordé. Vous retrouverez bientôt dans nos pages la chronique du tome 2 des "Dossiers Secrets de Harry DICKSON" 



07/03/2011
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