La Confrérie de l\'imaginaire

Trois questions à Nico BALLY, L'Oeil Clos, Malpertuis

trois questions à ... Nico BALLY, auteur de l'Oeil Clos, aux Editions Malpertuis!

 

Par MilieWB

 

 

Nous vous faisions découvrir il y a peu l'univers fascinant de Nicolas Bally à travers son roman, L'Oeil Clos, paru aus Editions Malpertuis (Chronique ici!). Nous avons eu le plaisir de discuter avec lui pour vous offrir l'interview suivante.

Plongez vite avec délice dans les méandres de l'imagination décalée d'un artiste remarquable!!

 

 

Nico Bally, qui êtes-vous?

N-B: Je suis un perpétuel endormi, un pied sur Terre, et l'autre sur la Lune. Jusqu'à midi je sors péniblement de mon sommeil en trainant les lambeaux de mes rêves nocturnes. Puis jusqu'au soir je sombre dans une fatigue molle, traversé de pensées engourdies aux allures
hallucinatoires.
En plus, j'ai une mémoire catastrophique. Je ne sais jamais vraiment si j'ai vécu, fantasmé, ou écris mes souvenirs.
Ça fait de moi un candidat parfait pour la littérature fantastique ; je raconte ma vie, et ça donne des histoires étranges. J'en ai publié une petite centaine.
Le reste du temps, je travaille pour une boîte de production musicale spécialisée dans le karaoké.
Je vais également souvent boire le thé avec l'équipe B14 (composée d'un lapin caractériel, une chatte blanche déguisée en chatte noire, une psygeekette, et moi). On réalise ensemble des petites vidéos débiles [http://sites.google.com/site/b14prod/].

 
 
Thé, musique et lapin blanc semblent être pour vous sources d'inspiration. En avez-vous d'autres?
Et surtout comment transformez-vous l'inspiration en farandole littéraire?

N-B: J'ai tendance à retranscrire mes rêves de manière directe.
Par exemple dans L'œil Clos, le chapitre "L'hôtel Uranie", la visite guidée de Limaille, et d'une certaine manière l'expérience du laboratoire Sephir sont des rêves copiés-collés quasi à l'identique.
Je dévore toutes les histoires que je croise, pas seulement sous forme de livres "classiques" mais aussi de comics, manga, et de films, séries, anecdotes, et même de jeux fut un temps (jeux de rôles et jeuxvidéos).
Tout cela s'amalgame à mon imaginaire. Donc tout m'inspire !
Les histoires viennent ensuite d'elles-mêmes. J'essaie de les structurer plus sérieusement maintenant que je me lance dans des romans. Mais quand je n'écrivais que des nouvelles, je les improvisai souvent. Elle s'écrivaient toutes seules. C'est ingérable sur un grand format, et surtout ça rend les corrections très difficiles, donc j'essaie de m'auto-discipliner.

Dans votre univers onirique et farfelu, n'y a-til pas quelques artistes encore méconnus qui méritent le détour et qui illustrent tout aussi bien que vous cette sphère fantastique?

N-B: Guy Maddin est le premier nom qui me vient à l'esprit.
Je suis mordu d'onirisme, et ce réalisateur parvient incroyablement à retranscrire des ambiances de rêves - sans oublier d'y raconter des histoires.
Il me semble qu'il est ignoblement méconnu (?), sûrement parce qu'il a fortement tendance à faire des films en noir et blanc (sauf les scènes d'enterrement !), quasiment muets, et dans des décors expressionnistes.
Regardez "Sombra Dolorosa" (un petit coup de YouTube vous y amènera) et vous verrez à quel point ce canadien farfelu sait transformer un court-métrage en authentique rêve.
Mais c'est dans ses films qu'il impose le mieux ses ambiances.
Dans "Careful" il met en scène un village perché dans les montagnes où le moindre bruit pourrait déclencher une avalanche. Les relations passionnées se déroulent alors sur la pointe des pieds, en chuchotant. On reste en apesanteur durant tout le film.
"Brand Upon the Brain!" rappelle "La Cité des Enfants Perdus" avec ses orphelins vivant dans un phare (et ayant des trous dans la tête...), élevés par une femme tyrannique et un inventeur absent. Il y a là du romantisme, de la poésie, et un fantastique propres à l'enfance.
Il a également tourné un Dracula ("Dracula: Pages from a Virgin's Diary") silencieux et ultra-chorégraphié où le rouge s'ajoute au noir et blanc. Il se concentre sur les deux femmes du livre (Lucy, puis Mina, trop souvent reléguées aux seconds rôles) en expédiant le reste (les aventures de Jonathan Harker sont compilées en un flash-back ultra-rapide).
Mais son chef d'oeuvre absolu est pour moi "The Saddest Music in the World", comédie musicale complètement décalée et farfelue (sans être pour autant un film comique) en hommage à la bière, la fête et la mélancolie, les trois étant intimement liées.
Unique, étrange, hypnotique ! Tout ce que j'aime.


Pour coller avec cette interview, quoi de mieux qu'une illustration représentant cette bande si soudée que semble former Nico avec les autres membres de l'équipe B14!
L'illustration est signée Nicolas Trève, que vous pouvez découvrirICI
 
Un grand merci à Nico pour s'être prêté au jeu des trois questions!!


08/02/2011
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