La Confrérie de l\'imaginaire

Ward Ph, Lemaire Ph, Vieillard-Baron A : Radu Dracula T1. Editions l'Oeil Noir, par MilieWB

RADU DRACULA, Tome 1: "Prenez et buvez, ceci est mon sang".

 

Par MilieWB

 

Si vous étiez un vampire, au service d’une quête plus importante que tout et qu’un auteur vous avait volé votre histoire pour la mettre au service de votre frère, faisant de lui un mythe, ne voudriez vous pas reprendre un jour votre place ?

Si l’on avait toujours menti au sujet de votre condition et de vos motivations, ne seriez vous pas en train de crier votre rage en réclamant justice ?

Hé bien nous y voilà, en tout cas pour Dracula, Radu Dracula, que Philippe Ward, Philippe Lemaire et Alexis Vieillard-Baron mettent en scène au travers d’une somptueuse bande dessinée parue aux Editions l’œil Noir.

 

La couverture, déjà, annonce un retour aux sources d’un vampirisme violent, sanglant, loin des clichés désormais courus de la bit-lit. Le personnage principal, Radu, se détache, créature sombre et féroce aux crocs aiguisés, sur un fond légendaire : le château perché sur les falaises abruptes. Des nuages rouges, une lune pleine et un loup brumeux finissent de planter le décor. La couverture exerce une fascination pour qui la découvre, entre la répulsion du monstre et l’attrait irrésistible du mythe.

 

« Prenez et buvez, ceci est mon sang » est le premier tome d’une série qui retrace la véritable histoire de Radu, et qui illustre sa quête.  Un récit qui replace les origines du vampire dans les fondements de la religion, en faisant de la créature aux dents longues un enfant de Satan.

 

« Je veux que tu retrouves le sang du nazaréen qui m’ouvrira les portes du monde.

 

Mais auparavant, je vais faire de toi la créature la plus puissante de la Terre.

Ton baiser n’aura rien à envier au mien »

 

Ce retour aux fondamentaux du vampirisme, avec un être métamorphe et sanglant, violent mais non dénué de sentiments est servi par une ambiance noire, mais jamais pesante.

 

Le trait de crayon qui illustre chaque étape de la vie, ou de la mort du prince Radu offre des visages angulaires, un dessin à la sensibilité masculine, musclée, pour représenter les différentes personnalités d’un même homme devenu monstre.

Le métamorphisme de Radu en lui-même est fascinant, les planches montrant les transformations dans les détails, en plusieurs étapes, les transformations de Satan évoquant même les multiples visages que peut prendre le Mal.

Le Bien, le Mal, justement, l’éternel combat. C’est ici un combat déroutant auquel nous assistons, avec une perte de repaires essentielle, car Radu, bien que sombre, dynamique et d’une violence n’ayant d’égal que sa force, n’est pas le plus belliqueux des deux camps.

 

Au sortir de ce premier tome, Radu n’a pas encore fait d’avancée prodigieuse dans sa quête, à moins que… Mais il a su nous captiver, nous donner l’envie de poursuivre avec lui, d’attendre le deuxième tome pour repartir dans ce va-et-vient entre hier et aujourd’hui, dans ce voyage à travers les époques qui nous livre par bribes des éléments de compréhension. De la Transylvanie du XVème à la nouvelle Constantinople devenue Istanbul, le voyage s’avère captivant, sur les traces encore inconnues d’un autre vampire qui pourrait bien devenir un mythe !

Merci à Philippe Lemaire d’avoir offert à la Confrérie le plaisir de découvrir ce sublime livre à l’esthétique fascinant et aux révélations surprenantes…

 

Radu Dracula

Editions l'Oeil Noir

15 euros

http://radudracula.moonfruit.fr/#/commander/3749235



25/01/2011
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 38 autres membres